La commanderie templière de Bayle en Provence

 

commanderieBayle3 

"Oracle de Balaam, fils de Béor,

oracle de l'homme au regard pénétrant [...]

Je le vois - mais non pour maintenant,

je l'aperçois - mais non de près:

Un astre issu de Jacob devient chef,

un sceptre se lève, issu d'Israël.

Il frappe les tempes de Moab

et le crâne de tous les fils du tumulte de guerre."

(Nombres, XXIV, 15-17)

 

 

Bayle en Provence

 

Ni l’histoire ni l’architecture de la commanderie templière de Bayle située sur le plateau du Cengle, sur la commune de Saint-Antonin sur Bayon en Provence, ne devaient attirer notre attention. La commanderie de Bayle reste un établissement de modeste envergure, vouée à l’activité agricole, autrement dit : c’est une grosse ferme au milieu de nulle part.

 

commanderieBayle 

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est pourtant cette grosse ferme qui va nous introduire dans ce qu’il faut bien appeler la gnose templière.

 

Toute l’histoire de cette commanderie reste anecdotique. Le 16 décembre 1143, Marie, femme de Pierre Geoffroi, et Roubaud d’Aubagne donnent à Pierre Roger, frère et ministre du Temple, les droits qu’ils possédaient sur les terres sises à Puyloubier, proche de Saint-Antonin1.

 

Cependant, la commanderie templière de Sainte-Marie de Bayle n’est attestée par les documents qu’à partir du 5 novembre 1166, date à laquelle Foulques de Pontevès et son épouse Guillelma font une donation en faveur de cet établissement2.

 

À cette époque, la renommée de la milice des Pauvres Chevaliers du Christ du Temple de Salomon commençait à porter ses fruits en termes de donation en Provence – au grand dam des puissants propriétaires fonciers de cette région qui n’étaient autres que les moines de l’abbaye marseillaise de Saint-Victor. Les moines marseillais voyaient d’un très mauvais œil ces nouveaux venus empiéter sur leurs plates-bandes. S’ensuivra une dizaine d’années de contestations et de procès sur les possessions et divers droits que les Templiers devront respecter vis-à-vis du prieuré victorin de Saint-Antonin.

 

Une sentence arbitrale datée de décembre 1170, sous l’égide de l’archevêque d’Aix Hugues de Montlaur, met un terme aux litiges3. Les droits acquis par les commandeurs templiers de Bayle auprès des particuliers leur demeurent intégralement mais la seigneurie et le dominium, avec ses conséquences, restèrent à Saint-Victor. Conséquences qui ne furent pas minces puisque les Templiers durent s’acquitter auprès des moines de Saint-Victor d’une dîme exorbitante égale à 20 pourcents de leurs récoltes, sans déduire ni la semence ni les frais.

 

Ces lourds impôts levés par les moines marseillais sur les revenus de la commanderie templière de Bayle vont définitivement ruiner tout projet d’extension de cette commanderie. À la fin du XIIIe siècle, la commanderie templière de Bayle n’apparaît plus que comme une simple dépendance de la commanderie templière d’Aix – pourtant créée bien après celle de Bayle.

 

La seule réalisation remarquable des Templiers de Bayle fut l’aménagement d’une voie d’évacuation des eaux pour assécher l’étang du plateau du Cengle et ainsi optimiser l’exploitation des terres.

 

tunnel de Troncas

 

L’aménagement de cette voie d’évacuation des eaux a nécessité que les Templiers creusent la montagne sur une trentaine de mètres au lieu-dit la brèche du Troncas.

 

grotte2 

 

Au final, quand le 24 janvier 1308, les officiers de Charles II d’Anjou viendront prendre possession de la commanderie de Bayle, ils ne trouveront sur place que quelques tonneaux de vin, des bœufs et des moutons4. A priori, pas de quoi s’enflammer sur de quelconques révélations sur les mystères templiers.

 

L'étoile des mages

 

Il y a pourtant un détail qui pourrait très bien échapper à un visiteur peu attentif. Sur l’aile sud, au-dessus de l’entrée extérieure des pièces d’habitation, face au puits de la commanderie, se trouvent deux pierres gravées, l’une représentant la croix du Temple, l’autre l’étoile à seize rais, blason des seigneurs de baux de Provence.

 

croixettoile

 

Ces pierres gravées sont là pour commémorer un événement bien particulier. En 1237, Raymond II de Baux, seigneur de Meyrargues, de Berre, d’Istres, de Châteauneuf, de Marignane, de Vitrolles, de Rognac, d’Eguilles et de Puyricard, se fait inhumer dans la chapelle de la commanderie templière de Bayle5.

 

Raymond II 1220

 

Vingt ans plus tard, en mars 1256, son fils, Bertrand de Baux, seigneur de Meyrargues, fonda à Bayle l’entretien d’un prêtre pour y prier Dieu et dire des messes à l’intention de son père6. Il promis de verser cent sols chaque année pour ce chapelain. Là, on tombe des nues. Comment l’un des plus puissants seigneurs de Provence a-t-il pu avoir l’idée de se faire inhumer dans la chapelle d’une grosse ferme ?

 

Nous donnons un vieux cliché de ce qui a été identifié par l’abbé Chaillan en 1899 comme étant la chapelle de la commanderie7.

 

commanderieBayle netb 

 

Nous pensons que si Raymond II de Baux, seigneur de Meyrargues (1195-1237), s’est fait inhumer chez les Templiers de Bayle c’est qu’à travers sa mort, ce seigneur cherchait à faire revivre une légende. Cette légende, c’est celle des rois mages.

 

Les seigneurs des Baux prétendaient descendre du roi Mage Balthazar. 

 

bauxdeprovence devise

 

Ils étaient aussi membres de la mystérieuse confrérie des Rois Mages. C’est l’époque où la Provence faisait partie du Saint-Empire germanique. La confrérie des Rois Mages n’est attestée dans ce qui reste des archives de la cathédrale de Cologne qu’à partir de 12508 mais elle fut fondée en réalité en 1164 par l’ancien prévôt d’Hildesheim, Renaud von Dassel, chancelier de l’empereur germanique Fréderic Barberousse. 

roismages

 

Renaud von Dassel fut aussi archevêque de Cologne et rapporta de Milan les reliques des rois mages qui reposent toujours dans la cathédrale de Cologne.

 

threekings 

 

Nous savons aussi que l’étoile à seize rais du blason des seigneurs des Baux est une référence à la foi des rois mages et la commanderie templière de Bayle se situe au pied de la montagne Sainte-Victoire. C’est là qu’il nous faut ouvrir les vieux grimoires pour plonger dans les légendes des temps anciens.

 

La légende des rois mages 

 

Le plus anciens de ces grimoires concernant la légende des rois mages en Occident a été identifié par Marianne Elissagaray comme étant le « Scriptura nomine Seth » ou Livre de Seth rédigé vers le troisième siècle de notre ère dans la région d’Edesse9.

 

Selon l’historien juif Flavius Josèphe, Seth, s’étant élevé à une haute perfection, eut des fils aussi savants que lui. Ils gravèrent leur science sur deux stèles, l’une de terre cuite, l’autre de pierre, de façon qu’ainsi ces stèles puissent être conservées après la destruction du monde par l’eau et le feu10.

 

Seth passait pour être le dispensateur des sciences de la Nature, ce qui le désignait comme le dépositaire des sciences comme celles des mathématiques, de la médecine, des sciences occultes, de l’astronomie et bien entendu de l’astrologie – toutes sciences que les mages se devaient de maîtriser11.

 

Il se trouve qu’il était de notoriété publique que les seigneurs des Baux de Provence se passionnaient pour ce genre de sciences au point que certains poètes provençaux comme Uc de Saint-Cyr finiront par s’en moquer. Nous livrons les phrases assassines que le poète provençal adresse à Guillaume de Baux, prince d’Orange: 

« La physique et l’astronomie et les grandes planètes et l’art de la géomancie et la sphère céleste aux révolutions rapides ont changé votre bon sens en folie et en égarement ; c’est pourquoi Liron fait une sottise de ne pas se charger désormais de la tutelle des fils de sa sœur, avant qu’ils ne perdent tout ce qu’ils ont ; Et puis, ils auraient [en lui] bon tuteur, bon oncle et bon curateur. »12

 

À force d’étudier les sciences occultes dans leur confrérie secrète, ces grands seigneurs avaient fini par devenir complètement superstitieux. Dans son ouvrage sur Les Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux, Jehan de Nostredame, frère du célèbre mage Nostradamus, nous rappelle à propos de Barral de Baux:

« grand amateur de lettres et même de la philosophie : il avait recouvré d’un physicien catalan, qui était de ce temps au service du comte de Provence quelques livres en langue arabe traitant de l’astrologie, et même Albohazenhaly fils d’Aben-Ragel, arabe, Du jugement des astres, qui était traduit en langue espagnole ou catalane, auxquels il s’était tant adonné, qu’il se rendit plutôt superstitieux que vrai observateur des règles. »13

 

 

Albohazen sur MetroPress

 

Voici maintenant ce que nous révèle la légende des rois mages. Adam, chassé du Paradis, se serait réfugié dans « la caverne des trésors de la vie du silence ». Là, avant de mourir, il cacha avec son fils Seth, les dons symboliques qu’il avaient emmenés du Paradis : l’or, la myrrhe et l’encens. Cette caverne était creusée dans une montagne, le « mont Victorial », au-dessus de laquelle devait apparaitre l’étoile annonçant la naissance du Sauveur. Prévenus par les révélations d’Adam et de Seth, douze mages, de génération en génération, se succédaient pour faire le guet au sommet de la montagne. Lorsqu’ils virent l’étoile, ils allèrent chercher les présents symboliques dans la caverne et partirent14.

 

Dans un autre ouvrage apocryphe, le Testament d’Adam, il est précisé « et nous scellâmes ce testament. Nous le plaçâmes dans la caverne des trésors, où il est resté jusqu’à ce jour, avec les trésors qu’Adam avaient tirés du Paradis : l’or, la myrrhe et l’encens. Et les fils des rois mages viendront, les prendront et les apporteront au fils de Dieu, dans la grotte de Bethléem de Juda. » Après leur retour, les rois mages furent baptisés par Saint Thomas dont ils devinrent les disciples15.

 

Toute la littérature liée aux gnostiques séthiens insiste sur le fait que les dons symboliques furent cachés dans une caverne dans la montagne des Victoires. Inutile de préciser que l’étoile des Baux au pied de la montagne Sainte-Victoire est un hommage appuyé à toute cette littérature.

 

Sainte Victoire aerien

 

La filiation des rois mages 

 

Celui qui va nous le confirmer est l’arrière-arrière petit-fils de Raymond II de Baux. Il s’agit de François Ier de Baux, duc d’Andrie (1330-1422), qui aux alentours des années 1370 va commander à Jean de Hildesheim une histoire des rois mages.

 

On ne peut que remarquer que l’Histoire des Rois Mages, que l’on estime avoir été écrite dans une fourchette large entre les années 1164 et 1175, met en valeur la maison des Baux de Provence au moment même où un de ses membres les plus éminents, François Ier de Baux, duc d’Andrie, est en conflit ouvert avec Jeanne, reine de Naples et régente du royaume.

 

Dans son Histoire des Rois Mages qui recouvre les siècles de l’histoire biblique, mais qui nous fait aussi des révélations sur la Terre Sainte et les Templiers, Jean de Hildesheim n’oublie pas de préciser qu’au moment où il rédige cette histoire, une famille est encore la digne représentante de la tradition des Rois Mages. Il s’agit de la "noble lignée de Vaus."

 

Marianne Elissagaray, qui a publié une traduction de l’oeuvre de Jean de Hildesheim, a identifié cette famille avec les seigneurs des Baux de Provence16. Pour certains chercheurs, la différence entre le "V" et le "B" pourrait s’expliquer par la pratique de la langue occitane qui utilisait l’une pour l’autre de ces lettres en début de mot17.

 

De toutes façons, pour qu’aucun doute ne puisse subsister sur cette "noble lignée de Vaus", Jean de Hildesheim, qui a suivi ses études de théologie à Avignon sous le pontificat du pape Clément VI (1342-1352), nous livre ce détail précis. Il nous dit qu’un membre de cette famille était venu en ambassade auprès du pape Clément VI à Avignon en 135118. Or il se trouve qu’en juillet 1351 Raymond de Baux, comte de Soleto, se présente à Avignon à la tête d’une ambassade venant du royaume de Naples pour conclure avec le pape Clément VI les conditions de la paix entre Louis de Hongrie et Jeanne, reine de Naples. Raymond de Baux quittera Avignon en février 135219.

 

220px Raimondo del Balzo Castel Nuovo Napoli copie 

 

Le fait que la papauté se soit durablement installée en Avignon avait eu pour conséquence de renforcer considérablement l’influence de la maison seigneuriale des Baux de Provence. Avoir l’appui de cette maison pour gérer les territoires de la papauté en Provence, ou pour influer sur la politique italienne, était un atout que certains papes vont chercher à exploiter. Le pape Grégoire XI (1370-1378), qui était le neveu du pape Clément VI, va marier une de ses nièces, Jeanne Roger de Beaufort, avec Raymond II de Baux, comte d’Avellino. Dans cette perspective d’alliance, le pape Grégoire XI soutiendra les intérêts de la maison des Baux et particulièrement ceux de François Ier de Baux, duc d’Andrie dans sa lutte contre la reine de Naples20.

 

L’Histoire des Rois Mages écrite par un ancien étudiant en théologie en Avignon, devenu prieur de Marienau, qui nous fait des révélations sur la lignée des rois mages s’inscrit à n’en pas douter dans cette politique papale de soutien au duc d’Andrie, politique fructueuse puisque dans sa lutte contre la reine Jeanne c’est François Ier de Baux qui en sortira vainqueur. En juillet 1381, François de Baux fera son entrée triomphale à Naples aux côtés du nouveau roi de Naples, Charles III de Durazzo. Quant à l’inconséquente reine Jeanne, faite prisonnière en 1381, elle finira étouffée sous un oreiller un an plus tard.

 

Mais que nous révèle cette Histoire des Rois mages sur cette maison seigneuriale qui fait et défait les rois?

 

François Ier de Baux connaissait parfaitement l’histoire de sa lignée. Dans l’ouvrage sur les rois mages par Jean de Hildesheim, il revient sur la période où les seigneurs des Baux, membres de la confrérie des Rois Mages, collaborent avec l’ordre des Templiers – période où selon l’Histoire des Rois Mages, il était coutume en partie d’Orient, dans la guerre des Chrétiens contre les Sarrazins, que le premier étendard soit la croix et le second l’étoile, en référence aux rois mages21 comme nous le retrouvons sur la commanderie templière de Bayle en Provence.

 

En peu de mots, François Ier de Baux, à travers Jean de Hildesheim, nous révèle que sa lignée a participé à introduire la gnose séthienne au sein de l’ordre des Templiers. Toujours selon Jean de Hildesheim, la maison seigneuriale des Baux de Provence avait fait construire un palais dans le port de Saint-Jean d’Acre et ce sont les seigneurs des Baux qui avaient fait venir des ouvrages sur les rois mages et les avaient fait traduire en français. Il nous dit aussi que ces seigneurs ont fait déposer en 1200 dans le trésor des Templiers un diadème orné de pierres précieuses d’une inestimable valeur22.

 

Ce qui est vérifiable dans toute cette histoire c’est que Raymond II de Baux, seigneur de Meyrargues, apparaît dans une charte de l’empereur germanique Fréderic II datée de 1216 qui sanctionnait à Orange les accords passées entre Hugues et Raymond de Baux et les Templiers de Jérusalem à propos des droits et privilèges des navires templiers dans le port de Marseille23. Quand en 1230, les Marseillais chercheront à revenir sur ces privilèges, les Templiers, basés à Saint-Jean d'Acre, rappelleront que ce sont Hugues et Raymond de Baux, vicomtes de Marseille, qui leurs ont accordé ces droits24. Raymond II de Baux, seigneur de Meyrargues, était devenu vicomte de Marseille grâce à son mariage en 1213 avec Alasacie de Marseille, fille d’Hugues-Geoffroy, vicomte de Marseille.

 

PortMarseille 

Comme les Marseillais n’étaient pas décidés à céder, les Templiers se tournèrent vers le connétable de Jérusalem qui les menaça de faire saisir leurs possessions à Acre s‘ils persistaient dans leur attitude. Il semble que la menace fut efficace puisqu’un accord ratifié le 17 avril 1234 permettait aux Templiers d’envoyer deux navires par an de Marseille à Saint-Jean d’Acre exemptés de taxes, l’un pendant la période de Pâques, l’autre pendant la Saint-Jean d’été25.

 Saint Jean dAcre

 

Ces péripéties révèlent le rôle des seigneurs de Baux et en particulier de Raymond II de Baux comme garants des « passages » que la marine du Temple effectuait entre le port de Saint-Jean d’Acre et celui de Marseille. Ce rôle stratégique devait certainement leur valoir quelque considération vis-à-vis de l’ordre du Temple.

 

Ce rôle pourrait justifier aussi le fait que la maison des Baux ait fait construire un palais à Saint-Jean d’Acre. Marianne Elissagaray cite le témoignage du pèlerin Ludolf de Suchen qui se rendit en Orient entre 1336 et 1341 et qui écrivit à propos de Saint-Jean d’Acre : «Tous les nobles s’installèrent aux environs de cette ville dans des châteaux et des palais fortifiés, le roi de Jérusalem et ses frères habitaient la ville ainsi que le plus grand nombre possible de nobles de sa lignées, les princes de Galilée, d’Antioche… le seigneur de Vaux (Baux) et les nobles de Blansegarde. »26

 

Quant à la traduction dans le port de Saint-Jean d’Acre de livres en français sur les rois mages, cela nous renvoie à l’exégèse chrétienne qui regardait les mages comme des prophètes faisant le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. La figure titulaire de cette exégèse tournait autour du prophète Balaam, prophète de Madian qui avait annoncé au roi Moab la naissance du Christ (Nombres, XXIV, 17, 19).

 

Pour les chrétiens d’Orient, la figure des mages renvoyait surtout au prêtre païen de la religion de Zoroastre. Ce sont les livres attachés aux légendes sur Seth qui ont cherché à relier la religion de Zoroastre de Perse à la religion chrétienne mais avec une forte influence de la gnose. Zoroastre est le prophète d’une religion qui fait une interprétation savante du mazdéisme, religion naturiste de la Perse ancienne où les prêtres étaient initiés aux mystères insondables de la Nature27 qui leur donnait certains pouvoirs que l’on pouvait qualifier de « magiques ».

 

Hélas, nous sommes encore très peu informés sur le travail de traduction qui a pu être réalisé à Saint-Jean d’Acre et sur quels types d’ouvrages. Le seul traducteur un peu connu dans ce port de Terre Sainte était Jean d’Antioche, qui a notamment traduit en français l’œuvre de Gervais de Tilbury De Otia Imperialia.

 

Mais le plus troublant reste le fait que dans les Chroniques de Provence publiées en 1614 par César de Nostredame28, neveu du célèbre mage Nostradamus, il est affirmé qu’en 1237 les chefs de la révolte des Marseillais contre le comte de Provence étaient notre Raymond II de Baux, seigneur de Meyrargues, associé à deux autres compères, Raymond Geffroy, vicomte de Marseille et Roncelin de Fos, l’auteur présumé des statuts secrets de l’ordre des Templiers.

 

Nous ignorons quelles étaient les sources de César Nostredame mais retrouver Raymond II de Baux, compagnon d’armes de Roncelin de Fos, nous pousse à penser que la confrérie des Rois Mages n’était en rien étrangère à l’élaboration des statuts secrets de l’ordre des Templiers.

 

La Caverne des Trésors de la vie du silence 

 

Faut-il imaginer que les Templiers ou la confrérie des Rois Mages ont fait creuser une caverne dans la montagne Sainte-Victoire pour y cacher les dons symboliques ? Rien n’est impossible, surtout quand on constate le tunnel creusé par les Templiers dans la brèche du Troncas. Mais personnellement je ne le crois pas. Je pense que c’est Montsalvage, le château du Graal, gardé jalousement par les Templiers, qui fait office de « caverne des trésors de la vie du silence ».

 

C’est certainement à Montsalvage que les Templiers ont gardé les dons symboliques qui ont survécu jusqu’à nos jours, même si on peut regretter que ces trésors symboliques soient nimbés de cette dérive spirituelle que constitue la gnose séthienne.

 

On doit tout de même prendre en compte qu’il y a plusieurs façons de voir les choses. Par exemple, pour beaucoup, les statuts secrets de l’ordre des Templiers pourraient être considérés comme la preuve de leur culpabilité. D’un autre côté, on peut considérer que le fait d’en venir à fabriquer des statuts spécifiques prouve que l’ordre des Templiers était plus réfractaire à cette gnose que beaucoup d’autres institutions religieuses qui furent contaminées à cette époque sans qu’il y ait eu besoin de changer quoique ce soit au sein de leurs statuts. De ce point de vue, les statuts secrets pourraient donc être aussi perçus comme la preuve des réticences que les frères du Temple ont pu éprouver vis-à-vis de toute hérésie – fut-elle sortie de l’Orient lointain, voire de Perse.

 

Rappelons aussi qu’en Occitanie, quand les anciens Cathares se mettront à fuir l’Inquisition, c’est du côté de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qu’ils chercheront protection29 et non du côté des Templiers qu’ils associaient aux croisés venus du nord. Et les statuts secrets ne changeront rien à l’affaire : trouver des Cathares au sein de l’ordre du Temple reste très exceptionnel comparé à l’ordre des Hospitaliers qui avaient pris parti pour le roi d’Aragon et le comte de Toulouse face aux Templiers et à Simon de Montfort.

 

Un procès juste aurait consisté à séparer le bon grain de l’ivraie au sein de l’ordre du Temple, mais le souci de justice n’était certainement pas la préoccupation première du roi de France. Le résultat fut que la confrérie des Rois Mages a survécu sans encombre bien après la fin de l’ordre du Temple et ses relations avec l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem furent excellentes.

 

De génération en génération

 

 

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Les seigneurs des Baux feront souche en Italie, où on les connaît sous le nom del Balzo. ils vont devenir aux XIVe et XVe siècles une des plus influentes maisons seigneuriales d'Italie.

 

palazzo de Mari antico portale ala nord

 

antico portale ala nord particolare stemma 

Les seigneurs des Baux avaient suivi le nouveau comte de Provence, Charles Ier d'Anjou (1227-1285), dans sa conquête du royaume de Naples (1266-1268). Bertrand III de Baux, père de  François Ier de Baux, s'acquiert à Naples toutes les faveurs de la maison d'Anjou au point d'épouser en 1308 la princesse Béatrix, fille du roi de Naples, Charles II d'Anjou (1254-1309). Bertrand III de Baux sera capitaine général de la cité de Florence en 1326 et en 1331. Il occupera aussi les fonctions de sénateur de Rome ainsi que de grand justicier du royaume de Naples30

 

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Le fils de François Ier de Baux, Jacques de Baux (1354-1383), qui mourra avant son père, portera les titres de prince de Tarente et d'Achaïe, despote de Romanie, seigneur d'Albanie et empereur latin de Constantinople31.

 

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Un autre des fils de François Ier de Baux, duc d'Andrie, Bianchino de Baux32, servira François Ier Sforza, duc de Milan, avant de devenir maréchal de l'armée ducale sous son fils Galeazzo Maria Sforza33

 

 

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Quant à la confrérie des Rois Mages, elle a continué à essaimer en Italie, notamment dans les cités de Florence et de Milan. Rappelons que jeune Galeazzo Maria Sforza futur duc de Milan apparaît à la suite des Médicis sur un cheval blanc sur la fresque de la confrérie des Rois Mages dans le palais des Médicis à Florence.

 

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Tout au long de son histoire, la maison seigneuriale des Baux de Provence n’a cessé de rappeler qu’elle restait attachée à la foi des rois mages.

 

Quand en 1334, il faudra faire l’oraison funèbre à Naples d’Hugues de Baux, frère de Bertrand III de Baux, le dominicain Jean Regina dira:

" Notre seigneur [Hugues de Baux] et tous ceux de sa race tirent leur origine, comme je l’ai appris d’une personne digne de foi, des saints mages, soit des rois qui vinrent auprès du Christ, à sa naissance, sous la conduite d’une étoile leur montrant la voie, comme il apparaît dans Matthieu II [1-12]. C’est pourquoi, de même, tous portent pour signe sur leurs armes l’étoile."34

 

Deux ans plus tard, en 1336, Azon de la Turre, vicaire général de Milan, qui est cité nommément dans l’Histoire des Rois mages de Jean de Hildesheim35, institua à Milan une procession en l’honneur des rois mages le jour de l’Épiphanie, procession qui se dirigeait vers l’église Sant’Eustorgio où se trouvait une crèche et où Renaud von Dassel, archevêque de Cologne, avait fait retirer les reliques des rois mages en 1164.

 

À Florence, l’implantation du culte des rois mages est plus tardive. Il est rapporté qu’en 1390, au moment de Épiphanie, un cortège à cheval représentant le pèlerinage des rois mages avait relié San Marco au baptistère. au tout début du XVe siècle, il est fait état d’une confrérie des Rois Mages dont le siège aurait été la maison des Ubriachi, au-delà de la porte San Frediano. Cette confrérie des Rois Mages se réunissait dans l’église dominicaine de San Marco. Cette association laïque, destinée à organiser des fêtes, était aussi soupçonnée d’être une société secrète reliant des personnages importants de la ville. Ce n’est qu’en 1434 que Cosme de Médicis deviendra à Florence parrain et mécène de cette confrérie.

 

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Quand Isabelle de Baux (1465-1533), petite-fille de François II de Baux, duc d’Andrie, devint reine de Naples grâce à son mariage en 1486 avec Fréderic Ier d’Aragon, un poème écrit en 1499 par Rogeri di Pacienzia di Nerito, fera encore l’éloge de la lignée des rois mages en racontant leurs exploits. Ce poème dédié à Antonia, la soeur d’Isabelle de Baux, est conservé à la bibliothèque de Pérouse36.

 

Au final, la commanderie templière de Bayle en Provence est là pour nous rappeler que les légendes n’ont pas de fin tant qu’il y aura des hommes qui voudront s’en souvenir.

 

par  Jean-Pierre  SCHMIT

 

 


 

NOTES:

1. Aix-en-Provence, Bibliothèque Méjanes, ms RA 143 (1). Acte publié par le marquis d’ALBON, Cartulaire général de l’ordre du Temple, tome I, Paris, 1913, n° 316, p. 206. Analyse dans Henri de GÉRIN-RICARD et Emile ISNARD, Actes concernant les vicomtes de Marseille et leurs descendants, Monaco-Paris, 1926, n° 232, p. 62

2. COULET, Noël. "Les Templiers de Bayle au XIIe siècle: un "document inédit"". Provence Historique, vol. 54, n° 215, 2004, p. 27-34 Extrait de la donation par Foulques de Pontevès et son épouse Guillelma en faveur des templiers de la maison Sainte-Marie de Bayle, 5 novembre 1166. (Copie vidimée par le notaire Jacques Gréasque d’Aix-en-Provence, mars 1493. AD BDR 307 E f° 102.) "In Christi nomine omnibus sit certum et cognitum hominibus hanc cartam audientibus quod ego Fulco de Ponteves et ego Guillelma ejus uxor, ut Dominus omnipotens nobis et parentibus nostris peccata dimictat et vitam eternam misericorditer concedat, Deo et domui Sancte Marie de Baylles et cunctis fratribus milicie Templi Salomonis presentibus et futuris querimoniam et inquietudinem quam adversus predictos fratres super terris quas acquiescerant in territorio de Rosset faciebamus libenter solumus et omnino relinquimus nostrum vero dominium et omne jus et quicquid habemus vel habere debemus in prescriptis terris et quodcumque in prenominato territorio accaptare deinceps potuerunt diligenter donamus et sine omni retenimento laudamus." 

3. Aix-en-Provence, Bibliothèque Méjanes ms RA 13 (3) in: COULET, Noël, "Les Templiers de Bayle au XIIe siècle: "un document inédit"", p. 29

4.

5.

6. Aix-en-Povence, Bibliothèque Méjanes. ms 858 cité par l'abbé Marius CHAILLAN. Promenades historiques dans la vallée de l'Arc. Le Cengle et ses alentours. Impr. de J. Barthelemy (Aix), 1899, p. 25

7. Abbé Marius CHAILLAN. Promenades historiques dans la vallée de l'Arc. Le Cengle et ses alentours. Impr. de J. Barthelemy (Aix), 1899, p. 24

8. Beschrieben von HELMAR HÄRTEL. Handschriften des Kestner-Museums zu HannoverOtto Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 1999. Nr.3986, p. 106-108

9. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. Éditions du Seuil, Paris, 1965, p. 14. Dans son ouvrage, Marianne Élissagaray donne une traduction en français datant de 1474 de l'Historia Trium Regum de Jean de Hildesheim
 
10. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 14

11. Si à Montsalvage, gardé par les Templiers, toutes ces sciences sont bien représentées et peuvent témoigner de l’influence de cette gnose venue de l’Orient et de la Perse, on reste tout de même soulagés de constater qu’à Montsalvage la géométrie reste la reine des sciences, le passeport de la citoyenneté qui permet de franchir le niveau le plus élevé des sphères célestes. Il est heureux de constater que le travail fourni par les chanoines réguliers et les cisterciens n’a pas été vain, même si ces travaux doivent toujours être regardés avec circonspection. Car le péché originel de l’Occident sera toujours cette tentation de n’admirer la lumière qu’à travers sa nuit la plus longue.

12. Poésie d'Uc de Saint-Circ, traduit par A. Jeanroy, Toulouse, Privat, 1913, p. 125 Guillaume de Baux répondit à l'insolent Uc de Saint-Circ: "La loyauté sans tromperie,, la bonne foi exempte de reproches, l'art et la maîtrise d'être fidèle envers son seigneur, que vous possédez, ont fait qu'on se fie bien à vous. Donc, si je laissais à mon fils cadet un tuteur, je ne me fierais pas à Liron, mais plutôt je ferais de vous son curateur et son défenseur; Et il ne pourrait avoir nul tuteur qui fût meilleur pour lui nuire." 

13. NOSTREDAME (de), Jehan. Les Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux. Paris, Honoré Champion éditeur, 1913, p. 55-56  Jehan de Nostredame cite aussi l’anecdote suivante:" pendant la période de pleine lune, Barral de Baux, sortant très tôt de son château des Baux pour se rendre à son gouvernement d’Avignon, s’arrêta en chemin près de la ville de Saint-Rémy pour demander à une vieille femme qui ramassait quelques herbes avant le soleil levant si elle n’avait pas croisé quelque corbeau ou autre oiseau de semblable plumage. Comme la vieille femme confirmait qu’elle avait aperçu ce matin un corbeau sur le tronc d’un saule mort qui faisait que grailler, Barral de Baux prit ce témoignage comme un présage de mauvaise augure et préféra tourner bride pour rentrer en son château des Baux". Ainsi, on pouvait se rire de ce seigneur si superstitieux qu’il avait peur des oiseaux qui volaient dans l’air. Inutile de chercher bien loin qui aurait pu mettre dans la tête de cet adepte de la gnose de telles sornettes. Dans son Otia Imperialia destiné à l’empereur germanique, Gervais de Tilbury raconte "que dans le royaume d’Arles, un corbeau était si avisé qu’il épiait les pièges tendu par les ennemis et passant les montagnes et les bornes des châteaux, il venait dire si quelque chose d’inattendu ou de perfide se tramait "(troisième partie,annie Duchesne,95,p106). Soulignons aussi que Gervais de Tilbury s’adressa à son ami Jean-Marc von Dorstadt, prévôt d’Hildesheim et secrétaire de l’empereur, pour faire parvenir son oeuvre à son "impériale majesté". L’évêché d’Hildesheim a longtemps eu une influence certaine sur la chancellerie impériale, ce qui pourrait expliquer la proximité de cet évêché avec la confrérie des Rois Mages.

14.ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 15

15. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 15

16. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 67-68

17.

18.

19. BUTAUD, Germain. "Généalogie et histoire des rois mages: les origines légendaires de la famille des Baux (XIIIe-XVe siècle)". in: Cahier de Fanjeau 43, collection d'histoire religieuse du Midi au Moyen-Âge, Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi (XIIe-XVe siècle). Éditions Privat, 2008, p. 118

20.

21. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 102

22. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des Rois Mages. op. cit.; p. 102. traduit du latin en français en 1474.

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23. Ces chartes sont citées par U. MONNERET DE VILLARD, Le legende orientali sui magi evangelici, Vatican, 1958, p. 200. et J.F. BÖHMER, Regesta imperii, t. V, p. 207, n° 845, et p. 213, n° 880; pour le texte intégral, cf. HILLARD-BRÉHOLLES, t. I, 2e partie, p. 441, et Ed. Winkelmann, p. 117

24. LE ROULX, J. Delaville. Cartulaire général de l'Ordre des Hospitaliers de S. Jean de Jérusalem 1100-1310. - Paris : Ernest Leroux, 1894-1906. - 4 v..  Tome II, p. 462, n° 2067, sur un accord intervenu entre le Temple et l’Hôpital, d’une part, et les citoyens de Marseille, de I'autre, par lequel le Temple et l’Hôpital auront la liberté de navigation dans le port de Marseille pour quatre navires par an, deux de chaque ordre, au moment des passages de mars et d’août. Extrait de l'acte du 3 octobre 1233 qui fait mention de Hugues et de Raimon de Baux: "In nomine Domini, amen. Anno ejusdem incarnationis m cc xxx tercio, indictione sexta, quinto nonas octobris. Notum sit cunctis, presentibus et futuris, quod, cum discórdia et controvérsia verteretur apud Accon coram domino Odone de Monte Beliardo, conestabulo regni Hierosolimitani, inter domum milicie Templi et domum Hospitalis sancti Johannis ex una parte, et cives Massilienses ex altera. Dicebant enim predicte domus habere privilegia, que erant parate hostendere, et etiam testibus, si esset necesse, predicta privilegia confirmare. Quod domini et vicecomites quondam Massilie, scilicet dominus Roncelinus , et Hugo, et Raimundus de Baucio, et Geraldus Ademarii de Montilio, et uxores eorum, et Raimundus Gaufridus de Tritis dederunt et concesserunt predictis domibus quod possent habere naves et hgna in portu Massilie, de quibus et cum quibus possent libere navigare ab eodem portu Massilie ultra mare et apud Yspaniam, portando res suas, peregrinos et mercatores cum naulo et sine naulo, secundum quod in privileges inde factis a predictis dominis plenius continetur.[…]"

25. LE ROULX, J. Delaville. Cartulaire général de l'Ordre des Hospitaliers de S. Jean de Jérusalem 1100-1310. - Paris : Ernest Leroux, 1894-1906. - 4 v..  Tome II, p. 469, n° 2079. 17 avril 1234, Marseille. La municipalité de Marseille ratifie l’accord intervenu, le 3 octobre 1233, entre elle et les ordres du Temple et de l’Hôpital. 

26. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 67

27. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 12

28. Les Chroniques de Provence publiées par César de Nostredame en 1614.

Cesar de Nostredame

29. En 1238, le pape Grégoire IX (1227-1241) sermonna vigoureusement les chevaliers de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem pour "les abus de leurs privilèges, leur luxure, leur trahison de la cause de Dieu en Palestine". Il affirme même que dans leur sein il y a des hérétiques. (Raynald, ann. 1238, n° 31-32). Cité par Henry Ch. LEA, L'Innocence des Templiers, in G. LEGMAN, La culpabilité des Templiers, Henry Veyrier éditeur, 1973 (1966), p. 158.

30. NOBLEMAIRE, Gustave. Histoire de la maison des Baux [1913], Laffitte Reprints, Marseille, 1976. p. 58-61

31. NOBLEMAIRE, Gustave. Histoire de la maison des Baux, op. cit. p. 63

32. Le fait que Bianchino de Baux soit le fils de François Ier de Baux a été remis en question par plusieurs chercheurs et notamment dans l’article de Germain Butaud que nous citons. Bien que Mr Butaud amène dans son article des éléments nouveaux et précieux sur l’histoire des Baux liés à la légende des rois mages, les sources qu’il emploie pour refaire la généalogie de la maison des Baux nous apparaissent trop peu fiables pour que nous le suivions sur cette voie. Nous nous en tenons donc en ce qui concerne la généalogie de Bianchino à l’opinion admise par Louis BARTHÉLEMY, Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison des Baux, Marseille, Baralatier-Feissat, 1882 suivie de celle de Gustave NOBLEMAIRE, Histoire de la maison des Baux, Paris, Honoré Champion, 1913 dont la démonstration sur ce sujet nous semble plus convaincante.

33. NOBLEMAIRE, Gustave. Histoire de la maison des Baux, op. cit. p. 81

34. BUTAUD, Germain. "Généalogie et histoire des rois mages: les origines légendaires de la famille des Baux (XIIIe-XVe siècle)", op. cit. p. 108

35. ÉLISSAGARAY, Marianne. La Légende des rois mages. op. cit. p. 66 et p. 154, chapitre XL. La traduction de 1474 parle du palais du capitaine d'Assonis (traduire Azonis) que Élissagaray identifie avec Azon de la Turre. "et l'empereur, par l'ayde de Regnault archevesque de Coulongne et des aultres seigneurs, il assiega Melan, assali, gaigna et dedens entra. Adont Regnault, archevesque de Coulongne, conquist et entra au palais d'Assonis, et le capitaine vint a luy et secretement, luy priant que il fesist sa pais a l'empereur et il luy monsteroit et donroit les trois Rois et pluiseurs aultres relicques." Le fait que Jean de Hildesheim fasse sciemment un anachronisme pour relier le fondateur de la confrérie des Rois Mages, Renaud von Dassel (1164), au capitaine milanais Azonis (Azon de la Turre, 1336) autour d'une entente secrète n'a, à nos yeux, rien d'anodin.

36. NOBLEMAIRE, Gustave. Histoire de la maison des Baux, op. cit. p. 72-75. Le poème intitulé "Lo Balzino" est composé de huit chants dont chacun commence par une triple invocation "à Dieu, à la Sainte Vierge et aux trois rois mages". "Lo Balzino" rappelle la conquête de Naples par Charles d'Anjou avec la bataille de Bénévent et l'implication de Bertrand de Baux, futur comte d'Avellino. Ce poème raconte ensuite la vie d'Isabelle de Baux. 

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